Thawra ou la révolution d’octobre

17 octobre 2019, jeunes, vieux, maronites, musulmans, femmes et hommes sortent dans les rues. À l’image d’une société libanaise plurielle, ce sont des centaines de milliers de manifestants qui, dans toutes les régions du Liban, ont commencé à se mobiliser contre le régime en place et la classe politique. De Beyrouth à la ville à majorité sunnite de Tripoli, dans le Nord, en passant par les localités chiites du sud et les villes druzes ou chrétiennes de l’est, tous se sont mobilisés pour demander la démission d’une classe politique accusée d’incompétence et de corruption.

Le temps est venu pour le Liban. « Rien n’a jamais vraiment fonctionné normalement depuis la fin de la guerre civile en 1990. Le redressement attendu n’a jamais eu lieu, et les conditions économiques sont, aujourd’hui encore, des plus déplorables. Le Liban connaît un déficit public chronique et une dette de 86 milliards de dollars. Il a parallèlement subi un afflux migratoire incomparable depuis 2012, avec l’arrivée de plus d’un million de Syriens. Ces dernières années, d’autres crises sont venues exacerber la situation : on citera notamment la crise des déchets, les problèmes de pollution, l’absence d’électricité courante et d’eau potable, la flambée des prix de l’immobilier, des problèmes de contrebande et surtout de corruption et de clientélisme, le tout dans un système politique tribal et confessionnel. (…). Mais c’est finalement une taxe sur l’utilisation de la messagerie WhatsApp qui a mis le feu aux poudres le 17 octobre dernier. Si ce projet de taxe a immédiatement été retiré, pour les Libanais c’était la goutte de trop », explique justement la chroniqueuse libanaise Joyce Azar dans un article de la RTBF. 

 

Tout au long de son déroulement, cette révolution a pris des formes diverses ; fenêtres brisées et incendies allumés, festivals de nourriture, de musique et de bonne humeur, démonstrations artistiques et soulèvements écologistes.

Les Libanais se sont emparés des rues et ont montré à leurs dirigeants et au reste du monde que c’était à eux de décider pour le futur. Que ce soit par une démonstration de beauté, de solidarité ou de haine, chaque jour a pris sa propre tournure. Les demandes étaient claires : « Le peuple veut la chute du régime et son remplacement par des représentants technocrates ». Le mot d’ordre était « Révolution! Révolution! » – «thawra! thawra!» en arabe.

Après avoir été interrompues par la pandémie du Covid-19 en mars 2020, les manifestations reprennent en juin. Depuis l’automne 2019, la monnaie nationale a perdu 70 % de sa valeur et le taux de pauvreté approche les 50 %. Nous sommes aujourd’hui début septembre,  et nous fêterons bientôt le premier anniversaire de la révolution. Pourtant, les demandes des Libanais n’ont toujours pas été écoutées. L’explosion du 4 août a marqué, une fois de plus, l’incompétence et l’irresponsabilité d’un gouvernement dominé par l’avidité et la corruption. 

Les différentes photos qui suivent sont des représentations visuelles des différentes facettes de la révolution d’octobre. Elles ont été prises par Adrienne Hurtut et Noémie de Bellaigue, ayant elles-même participé à cette démonstration contestataire qui rythme le pays du Cèdre depuis presque un an, et qui  continuera à le rythmer si les revendications du peuple ne sont pas entendues.

Les sirènes de Beyrouth

©Clément Gibon
NEW

Égérie Révolutionnaire

 ©Clément Gibon
NEW

Throw Back

 ©Clément Gibon
NEW

Kulluna Lil Waṭan

©Clément Gibon
NEW

Warriors

©Adrienne Hurtut

Revolution 2.0

©Adrienne Hurtut
NEW

Cèdres

©Noémie de Bellaigue

When You See Me

©Adrienne Hurtut
NEW

Burn It All

©Adrienne Hurtut

Politique

©Noémie de Bellaigue

Attentes

©Noémie de Bellaigue

Be Proud

©Adrienne Hurtut

Hope

©Adrienne Hurtut

Argent Récolté

Photos vendues

contributeurs

beirutbeitna@gmail.com